Mokapop

mars 3, 2009

Nuit de la philo – HusserlSIM

Filed under: Uncategorized — mokawi @ 6:16

Pour les gens qui ont la chance d’être à Montréal les 20 et 21 mars, c’est la Nuit de la philo! Eh oui, et je vais inaugurer l’évènement (avec une bonne dizaine de collègues, à vrai dire) avec une présentation sur Husserl!

Je vais présenter sur les Méditations cartésiennes, qui est une série de conférences que Husserl à Paris et qui tente de refaire le parcours de Descartes dans ses propres Meditationes: il essaie d’évacuer toute connaissance qui n’est pas absolument certaine, et de reconstruire les sciences à partir de presque rien. Pour illustrer ça, je vais avoir fait une belle simulation, et on va pouvoir voir si des homoncules de silicones se comportent comme Husserl le prédisait dans un monde tel qu’il le décrivait… Bref, c’est à 10h le vendredi 20 mars, au local R-M140.

Que vous veniez ou non à ma présentation, ne ratez pas la nuit de la philo: c’est vraiment magique. Il y en a pour tous les goûts, et les gens se donnent beaucoup de liberté pour ces présentations-là, et ils présentent typiquement des trucs à la fine pointe de la philo.

février 27, 2009

Adaline sur Maxima

Filed under: Uncategorized — mokawi @ 7:33

Un truc absolument fascinant que je fais ces temps-ci, ce sont des réseaux de neurones. Je suis très chanceux: Sylvain Chartier, un prof du département de psychologie, a été assez impressionné par mon travail dans son cours de perception pour me proposer de me guider dans la découverte de réseaux cognitifs (il faut dire que je lui avais pondu un réseau d’environ 3500 neurones, un truc incalculable). Cette semaine, je fais du Hopfield, et la semaine dernière, c’était un réseau Adaline.

Je vais peut-être migrer vers Mathématica, mais comme le logiciel de Wolfram prenait trop de place pour mon Eee PC, je fonctionne encore sur Maxima, un équivalent open-source beaucoup plus léger.

Bref, voici mon script Adaline en Maxima, avec quelques fonctions graphiques pour représenter le résultat. Dès que je l’aurai fait, je vous montrerai mon Hopfield.

load(draw);
f1(a,b,c) := a-2*b+c;
tf(a,b,c) := if f1(a,b,c) > 0 then 1 else -1;

matsize:3;
r[x,y]:=random(1.0);
b:random(1.0);
w:genmatrix(r,3,1);
alpha:0.1;
bstep:0.1;

wchgtol:0.05;
lgestwchg:1;

for i: 1 while lgestwchg > wchgtol do (
wold:w,
for j: 0 thru 1.0 step bstep do
for k: 0 thru 1.0 step bstep do
for l: 0 thru 1.0 step bstep do (
x:matrix([j,k,l]),
t:tf(j,k,l),

y:b+(x.w),

dif:alpha*(t-y),

b:b+dif,

maxdif:0,
for m:1 thru matsize do if maxdif < x[1,m]*dif then maxdif:x[1,m]*dif,

w:w+transpose(x)*dif
),
lwchg: 0,
for j:1 thru matsize do if lwchg < abs(w[j,1]-wold[j,1]) then lwchg:abs(w[j,1]-wold[j,1]),
display(lwchg),
lgestwchg:lwchg );

redfn(a,c,d):= b+matrix([a,c,d]).w;
display(w);
draw3d( explicit(tf(u,v,1),u,-1,1,v,-1,1),explicit(redfn(u,v,1),u,-1,1,v,-1,1), columns=2);
draw3d( explicit(tf(u,1,v),u,-1,1,v,-1,1),explicit(redfn(u,1,v),u,-1,1,v,-1,1), columns=2);
draw3d( explicit(tf(1,u,v),u,-1,1,v,-1,1),explicit(redfn(1,u,v),u,-1,1,v,-1,1), columns=2);

février 24, 2009

Boulot et maladie mentale

Filed under: Uncategorized — mokawi @ 3:45

C’est un peu poche. Je voulais commenter sur le blog de Lily, et malheureusement, on dirait qu’il y a un problème avec Blogger, parce que le vérificateur ne donne pas l’image habituelle, mais un « Loading… » qui ne disparaît pas – que ce soit sur Firefox, Konqueror ou Opera. Comme j’étais pas loin d’avoir de l’esprit, je partage:

Les lectures et les révisions nous font découvrir notre ADD intérieur. Pour les dissertations, c’est notre OCD profond – sauf que quand on les lit, on réalise qu’on est probablement autiste ou légèrement retardé ou les deux. Et enfin, en faisant une thèse, on devient bipolaire et entre chaque phase manique on passe par les cinq étapes du deuil (déni, colère, négociation, dépression, angoisse).

février 20, 2009

Les belles-soeurs, Denys Arcand et l’autocritique des québécois

Filed under: Uncategorized — mokawi @ 5:54

Je suis dans l’autobus qui m’amène de Montréal à Ottawa, et je lis pour la toute première fois Les Belle-soeurs de Michel Tremblay en vue d’un cours de français que je donne demain soir.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il y a là quelque chose. Le mélange d’horreur, de gaité, de désespoir et de rire est accompli avec un art, une précision et une subtilité rare. Pratiquement toutes les lectures que mon prof de français du cégep nous avait donné jouaient le jeu de l’aigre-doux, mais la pièce de Tremblay est un canon dans le genre.

Ceci dit, quoique les contemporains de Tremblay en aient vanté le réalisme, il y a quelque chose qui sonne tout à fait faux: l’absence d’espoir (je ne dirai pas le désespoir, car l’auteur a eu la subtilité de le cacher pour le faire briller par son absence). Tous les personnages ont en eux quelque chose qui les maintient, sur un aspect (et généralement un aspect seulement), au-dessus de la médiocrité, mais cette vertu est risible au regard des vices qui l’entourent, de sorte qu’elle ne sert qu’à mettre l’emphase sur ces derniers. Il en résulte donc que la misère dans laquelle ils sont plongés apparaît comme intrinsèque aux protagonistes et inextricable de leur ethos. Les belles-soeurs auraient beau vivre dans un château, elles seraient encore misérable, elles engendreraient des enfants tout aussi méchants que leurs parents, et personne ne pourrait sortir de sa médiocrité.

Comment la pièce peut-elle bien avoir été reçue comme « réaliste » dans de telles conditions? Comment les gens ont-ils pu voir cette pièce et se dire « Ça, c’est bien nous! » ? On a souvent parlé de la tendance des québécois à se croire moindre qu’ils le sont vraiment. À lire la réaction des gens aux Belles-soeurs, je me dis que ce devait effectivement être le cas dans les années 60.

Mais ma propre réaction, qui consiste à voir une hyperbole là où mes aînés ont vu un portrait fidèle (à témoin André Major, du Devoir, qui commençait sa critique avec cette citation de Voltaire: « l’écriture est la peinture de la voix; plus elle est ressemblante, meilleure elle est »), m’indique que l’auto-dévaluation des québecois n’est peut-être plus ce qu’elle était. D’ailleurs, le débat sur le joual qui a suivi la présentation des Belles-soeurs en est un autre témoin: il serait difficile de trouver dans les générations X et Y le moindre intérêt pour la défense du « bien parler français », de sorte que la défense du joual tient de nos jours davantage d’un goût du folklore que d’une appropriation de la langue.

En ce sens, l’oeuvre représentative de nos temps serait probablement Les invasions barbares de Denys Arcand: là, le discours d’auto-dévaluation est retourné, et perd à son tour son sens. En effet, Rémi a beau regretter sa médiocrité, quelle crédibilité a-t-il quand tout son entourage semble témoigner de sa réussite? Entre ses flammes épleurées, ses enfants brillant, sa femme aimante, ses amis fidèles, peut-on vraiment le trouver minable? Le discours de Rémi tombe de lui-même d’une assertion empirique sur soi (et, par extension, sur le nous) à un jugement existentiel, à savoir pourquoi la primauté (et un peu l’éternité) du je transcendantal ne se traduit pas par une primauté (et un peu une éternité) du je de l’expérience.

Il y a cependant un bémol à mettre là-dessus. Lorsqu’il parle de sa génération et de son monde, Denys Arcand est un maître, mais lorsqu’il parle de la génération suivante, il est dans les brumes. Qu’il applique ainsi sa propre vision ou celle des parents, il dépeint le monde des enfants comme un univers sombre et mystérieux, parfois vertigineux (comme dans les hauteurs de la finance ou au milieu des mers), parfois enivrant (la drogue et les jeux vidéo) mais dont ressort toujours le vice d’un plaisir charnel dénué de sens.

Cette critique puritaine subsiste dans L’âge des ténèbres, où elle en vient à s’adresse à toute la société. Certes, Arcand est un pessimiste comme on n’en trouve très peu. Cependant, ses préoccupations (l’authenticité, le retour à un monde empreint d’un sens qui est nôtre) sont aussi celles des québécois, et particulièrement de ma génération, qui marque un retour affirmé à ses racines. Or pour se permettre un retour aux racines, ne faut-il pas se sentir assuré quant à sa propre valeur?

décembre 29, 2008

Juste comme je me trouvais idiot…

Filed under: Uncategorized — mokawi @ 7:58

… le monde me montre que je ne suis pas seul. J’ai effacé mon dernier article parce que je le trouvais un peu mauvais. Je vais en refaire un avec un peu plus de jus et des scripts usuels. En fait, je me trouvais un peu idiot d’avoir écrit quelque chose sans but ni audience, jusqu’à ce que quelqu’un (que j’ai dû croiser dans un train au siècle dernier, et à qui je n’ai plus reparlé depuis) m’envoie cette perle, probablement en toute bonne foi:

TRÈS URGENT !!!!


S.V P
FAIRE CIRCULER CET AVIS A VOS AMIS FAMILLES CONTACTS !!!
 
Dans les prochains jours tu dois être attentif: Ne jamais ouvrir un message qui inclut en annexe un fichier nommé
:   Invitatión  
Quelque soit la personne qui te l’envoie. C’est un virus qui ouvre une torche olympique qui
brûle tout le disque dur C de ton ordinateur.   Ce virus te sera envoyé probablement d’une personne que tu connais qui possède ton adresse e-mail sur sa liste des contacts.  
C’est pour cette raison que
tu dois envoyer ce message E0 tous tes contacts!

Il est préférable de recevoir 25 fois ce courrier que de recevoir le virus destructeur. Si tu reçois un message nommé:
Invitation   même qu’il soit envoyé par un ami ne l’ouvre jamais et éteint immédiatement ton PC .

C’est le pire des virus annoncé par
CNN .
Ce nouveau virus a été découvert récemment et a été classifié par Microsoft comme étant
le virus le plus destructif qui a existé
.

Ce virus a été découvert juste hier par
Mc Afee
qui n’a trouvé aucune solution pour ce type de virus.

Ce virus détruit tout simplement le Secteur Zero du Disque Dur
oF9 l’information vitale de son fonctionnement est stockée.


ENVOIES CE E-MAIL A TOUS CEUX QUE TU CONNAIS

RAPPELLES-TOI:

SI TU
l’envoies
VITE ceci sera bénéfique pour tout le monde !

N’est-ce pas joli, en temps de Noël, de voir des gens qui croient aux torches olympiques qui brûlent les disques durs?

décembre 27, 2008

Pourquoi j’ai posté blanc.

Filed under: Politique — mokawi @ 6:24

Primo, je voudrais expliquer pourquoi j’ai posté un article vide le 25 décembre: c’est une petite tradition sur la blogosphère, et tout particulièrement sur la blogosphère maghrébine, pour laquelle ce sujet est particulièrement important, de manifester ainsi son appui à la liberté de parole. De nombreux pays, incluant la Tunisie et le Maroc, ont des législations qui permettent aux officiels de filtrer le contenu du web accessible à leurs citoyens afin d’empêcher, le plus souvent, la diffusion d’idées démocratiques ou de critiques aux institutions.
On n’y peut, évidemment, rien y faire, mais Noël est le moment où on peut s’en rappeler. Au moins, que les gens qui sont confrontés à ce genre de problèmes sachent que je les appuie, et que je suis disposé à les aider dans la mesure de mes modestes moyens.

décembre 26, 2008

.

Filed under: Uncategorized — mokawi @ 4:14

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décembre 2, 2008

Ce qu’on entend et ce qu’on n’entend pas lorsque les politicomètres virent fou

Filed under: Uncategorized — mokawi @ 4:27

Ce qu’on entend (la situation) 
 
Depuis 2 ans, les conservateurs ont gardé le monde politique canadien sur le qui-vive à coup de retournements spectaculaires, qui ont surtout laissé les législateurs de la chambre basse très amers. Devant un parlement tendu et toujours aussi divisé, les conservateurs ont annoncé leurs intentions de faire de nombreuses coupures, notamment dans le financements aux partis. 
 
Évidemment, le but de cet exercice était principalement de paralyser ses adversaires: les libéraux, qui sont dans la dette jusqu’au cou et le bloc, qui est financé au trois quarts par cette mesure. Avec ça, le gouvernement était assuré de pouvoir gouverner en majoritaire pendant au moins 2 ans. À moins, bien sûr, que l’opposition ne les renverse. 
 
En fait l’opposition a beau être divisée (trois partis) et affaiblie (le chef de l’opposition, Stéphane Dion, ne sera plus à la tête de son parti en avril prochain), elle a trouvé moyen de coopérer face à une situation qui devenait de plus en plus intenable. De plus, la gauche est beaucoup plus unie depuis que l’environnement s’est imposé comme étant le combat de l’heure, et que la question constitutionnelle est tombé dans le domaine du folklore (c’est le loup-garou de la colline). Soudainement, la balance des gains et des peines favorise la coopération, et même la coalition. Hier, les partis d’opposition ont donc formulé la volonté de former un gouvernement de coalition. 
 
Un peu désespéré, le premier ministre a donné aux média un enregistrement d’une téléconférence de Jack Layton où il dit que les bases de cette coalition avaient été jeté il y a longtemps. Évidemment, la chose est hautement illégale—criminelle, même, donc la GRC aura à enquêter. Le premier ministre a aussi annulé en catastrophe les compressions aux budgets des partis fédéraux, ainsi que d’autres mesures controversées comme le gel des salaires de la fonction publique, mais en vain: il y a longtemps que la confiance de la chambre envers le gouvernement s’atténuait, et ce dernier coup l’a rompu. 
 
Ce qu’on n’entend pas 
 
Il y a deux choses qu’on n’entend que trop peu à propos de ce renversement de situation: 
 
– Premièrement, le premier ministre aurait dû le voir venir. Le jeu en valait beaucoup trop la chandelle, pour tous les partis impliqués. Mais surtout, il y avait des signes beaucoup plus probants que les paroles vagues de Jack Layton dans l’enregistrement douteux que le premier ministre a donné aux média. Pendant la campagne électorale, ce dernier avait annoncé son intention de faire une coalition, et à la place du non ferme et sans équivoque qu’on attendait, Dion avait donné un « non, vraiment pas, mais on verra ». 
 
– On n’entend pas les partis d’opposition tonner très fort contre le gouvernement. Personne ne les blâmerait de profiter de la trahison du gouvernement à leur égard et de l’enregistrement illégal pour descendre les conservateurs et se faire du capital politique. Ce serait de bonne guerre. Mais à part Thomas Mulcair, je n’ai entendu personne se plaindre bien fort: ce sont plutôt des « nous sommes prêt à relever le défi » un peu bafouillés, comme un jeune qui passe sa première entrevue pour un travail de pompiste. C’est très fâchant, parce que je voudrais bien, en tant que citoyen, que le gouvernement actuel paie pour son invasion de la vie privée. Heureusement, avec une enquête qui s’en vient, il est possible que la chose revienne sur la table. 
 
– Certains analystes remarque que le gouvernement conservateur s’est démarqué par son manque de confiance autant envers la chambre qu’envers la fonction publique. Pour quiconque vit à Ottawa, c’est assez clair. Les fonctionnaires se plaignent de leurs efforts qui partent en fumée, de la bureaucratie excessive à laquelle ils sont soumis, et on peut voir des fonctions publiques parallèles et temporaires se créer. En chambre, on sent que les députés ne peuvent faire passer leurs projets législatifs. Or, c’est la raison d’être d’un député de mener un projet à bien. Il y a quelque chose d’émotif dans cette crise: ce sont des gens qui veulent faire leur boulot qui en sont empêché. 

novembre 12, 2008

Le « On » québécois

Filed under: Cultures, Philosophie — mokawi @ 3:42

Il y quelques jours que s’est close au musée canadien de la guerre l’exposition « Médecine mortelle », qui porte sur la médecine eugéniste nazi, mais ce soir, dans le bus, il y avait encore des pancartes pour l’annoncer. Pour vendre sa salade, le musée a choisi des citations de médecins et d’officiels nazis, et lettres sobres sur fond blanc. Les citations ne sont pas très impressionantes: on sent la lourdeur de la bureaucratie. Par exemple:

One was purified because one was considered inferior.

« Fut purifié celui qui est considéré inférieur ». Mais la raison pourquoi j’ai donné la version anglaise (parce que vous vous doutez bien que le français était tout juste à côté), c’est le « one », qui se traduit certainement en allemand par « mann ».

Ça m’a rappelé mes cours d’existentialisme, que j’ai suivi en anglais. Le prof, un francophile, traduisait le « das Mann » d’Heidegger par « the they », mais donnait aussi sa traduction française—« le on »—qu’il jugeait beaucoup plus juste. De fait, il y a deux choses dans le « das Mann » heideggerien: d’une part, « das Mann » est proche de je et lui appartient presque, parce qu’il est une convenance que je doit intégrer dans sa vie; d’autre part « das Manna » est loin de je parce je n’est pas imputable pour les jugements de « das Mann ». On peut donc dire que le sens de « das Mann » est double: une appartenance à soi et une altérité.

Le « they » anglais a donc ceci de mauvais qu’il traduit très mal l’aspect « appartenance » du concept, ce que le « on » français traduit beaucoup mieux. Qu’en est-il cependant du « on » québécois? Car bien qu’on le remarque peu, l’usage du « on » est très différent de ce côté-ci de l’Atlantique. À l’oral, il a complètement remplacé la première personne du pluriel!

Étant devenu un pronom de la première personne, le « on » d’ici n’est donc plus approprié pour traduire le « on » heideggerien. Et à vrai dire, l’absence du « on » heideggerien dans le langage d’ici traduit peut-être quelque chose de concret: les québécois s’approprie très intemement le « on ». Au Québec, « on » pense comme « je »; et autant « je » que « nous » sont imputables de « on ».

La cause et la conséquence de ceci, c’est que le « on » québecois est un peu la famille de pensée qu’on choisit: par exemple, ceux qui méprisent la politique étrangère de George W. Bush. Bizarrement, tous ne réalisent pas que ce choix par eux et leur entourage n’est pas le choix de tout le reste de l’univers, ce qui amène des situations cocasses, et parfois même de l’exclusion. Mais il faut avouer que cette bizarrerie résulte d’un paradoxe inhérent au « on » approprié par je: on ne peut accorder a priori les choix de l’individu et les choix d’une collectivité.

Par ailleurs, cette appropriation du « on » rend les québecois assez susceptibles lorsqu’on critique leur nation, et ce parce qu’ils ont à y répondre personellement; et bien que, tout le monde étant imputable, les examens de conscience collectifs soient ici monnaie courante, ils ne se conduisent pas toujours avec le détachement nécessaire à l’analyse scientifique.

Bref, je n’ai jamais trop compris pourquoi les médias ont fait tout un plat de ce fameux « nous » québecois: le « on » est beaucoup plus représentatif du Québec et beaucoup plus intéressant. Il représente bien le côté entier et un peu naïf de l’ethos québécois. Et, à tout prendre, je l’aime bien, ce « on » paradoxal.

octobre 15, 2008

Mélissa Laveaux

Filed under: Arts — mokawi @ 7:22

En écoutant la même émission de The Signal pour la (n+∞)e fois, j’ai remarqué que Laurie Brown parlait d’une Mélissa Laveaux aux influences soul qui a vécu à Ottawa et qui déménage en France. Tiens, que je me dis, il y avait une Mélissa Laveaux noire qui grattait sans cesse la guitare au Lycée Claudel. Quel genre d’artiste vit à Ottawa et s’en va étudier la musique en France, sinon un ancien du Lycée Claudel? Je recule le curseur et bang: c’est sa voix, sans aucun doute, si douce, si simple.

Ce n’est pas la première artiste qui vienne de ma cohorte du Lycée, mais je suis particulièrement tenté d’en faire la promotion parce que 1) elle fait de la super musique et 2) elle était la gentillesse même dans une cohorte de secondaire plus jungle que la jungle elle-même. Allez voir ça.

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