Mokapop

octobre 15, 2008

Mélissa Laveaux

Filed under: Arts — mokawi @ 7:22

En écoutant la même émission de The Signal pour la (n+∞)e fois, j’ai remarqué que Laurie Brown parlait d’une Mélissa Laveaux aux influences soul qui a vécu à Ottawa et qui déménage en France. Tiens, que je me dis, il y avait une Mélissa Laveaux noire qui grattait sans cesse la guitare au Lycée Claudel. Quel genre d’artiste vit à Ottawa et s’en va étudier la musique en France, sinon un ancien du Lycée Claudel? Je recule le curseur et bang: c’est sa voix, sans aucun doute, si douce, si simple.

Ce n’est pas la première artiste qui vienne de ma cohorte du Lycée, mais je suis particulièrement tenté d’en faire la promotion parce que 1) elle fait de la super musique et 2) elle était la gentillesse même dans une cohorte de secondaire plus jungle que la jungle elle-même. Allez voir ça.

octobre 13, 2008

Le silence du démiurge

Filed under: Arts — mokawi @ 4:30

Vous aurez certainement remarqué que je n’ai pas écrit grand chose ces derniers mois. Une des raisons est que j’ai été très occupé, et que mes préoccupations ont beaucoup occupé mon esprit. L’autre raison, c’est que la constance avec laquelle les circonstances ont réduit à néant mes efforts dans toutes sortes de projets m’a laissé un peu cynique. Les tuiles qui m’ont tombé sur la tête ne semblent pas venir d’une dimension inconnue: ce sont des trucs beaucoup plus crasses et beaucoup plus anciens, le genre de truc que tout le monde connaît déjà, sur lequel il serait un peu ridicule de s’attarder.
Je ne dirais pas que mon cynisme a complètement atteint mon humeur: je suis plutôt content de mes progrès dans mon projet de simulation d’Husserl (même si je sens que l’interface graphique de java n’a pas fini de me faire swinger), je crois que le domaine dans lequel je me lance (la cognition artificielle) est absolument fascinant et plein de promesses, et, somme toute, l’acharnement de l’Université d’Ottawa à me peinturer dans un coin parce que je ne suis pas un étudiant ordinaire ne va pas sans flatter la partie de moi qui aime bien ne pas être ordinaire. Mais ce ne sont pas des choses susceptibles de me réconcilier avec le monde et me pousser à penser à lui.
Bien au contraire: la recherche m’enfonce profondément dans la lecture et la programmation. Je fais littéralement des mondes dont je suis le démiurge, et j’en sors assez peu volontiers, de sorte que je me promène souvent sur le campus comme dans un scaphandre.
Je ne pense pas vous garder le silence très longtemps: en fait, si j’envoie ce constat, c’est que je me suis essayé à écrire cette semaine, et que ce constat lui-même pourrait suffire à piquer l’inspiration qui dort en moi. Je la sais être une terrible maîtresse, et elle ne saurait garder ce blog dans son état de famine. Cependant, à moins que l’inspiration ne me revienne, je vais profiter du luxe que m’offre le concept de blog: celui de, parfois, ne pas écrire.

juin 16, 2008

Chaotique copyright

Filed under: Arts, Cultures, Politique — mokawi @ 12:55

J’ai fait un post l’autre jour sur cet article de Rasmus Fleisher sur l’avenir du copyright, mais il n’est apparemment pas sorti, et on s’en fout parce que je ne disais rien d’autres que d’aller le lire. Il y a eu deux réponses à date, une qui s’accordait globalement avec Fleisher, et une autre écrite par Doug Lichtman qui le critique de façon très acerbe.

Globalement, je suis très d’accord avec Fleisher. En fait, je suis probablement beaucoup plus anarchiste que m. Fleisher: je crois qu’il est grand temps non seulement d’arrêter d’étendre à tout prix la propriété intellectuelle sur internet, mais aussi de limiter son utilisation notamment dans les brevets. Ce n’est cependant pas de quoi je veux parler ici.

Lichtman critique Fleisher sur la base de deux arguments: 1) les pertes de revenu frapperaient davantage les artistes de « niche » (qui ne participent pas de la culture de masse), feraient baisser la diversité et la qualité artistique et 2) Fleisher ne donne pas vraiment de contrepartie de la culture de téléchargement.

En ce qui concerne le premier point, Lichtman ne nous donne aucune information sur la chose, mais il semble plutôt que ce soient les artistes mainstream qui y goûtent à date. Dans une émission de Bandeapart.fm (la radio alternative de Radio-Canada), on mentionnait qu’alors que les ventes chutaient dans l’industrie en général, les ventes de disques québécois augmentaient. Idem, comme le mentionnait Fleisher, pour les revenus des performances live. Par ailleurs, les artistes marginaux sont généralement très heureux de la diffusion que leur donne internet, diffusion que jamais les autres médias, beaucoup trop centralisés autour d’une culture de masse, n’avaient jamais pu leur donner. On voit même apparaître des groupes qui auraient sombré dans l’oubli avant internet: Les amis au Pakistan, par exemple.

Dans un monde où le net serait libre de copyrights, il faut le concéder à Lichtman, il serait sans doute plus difficile de lever les moyens pour les grosses productions, comme Spartacus et Halo. Mais c’est précisément des aspects de la culture mainstream qui souffriraient, et pas les pauvres de petits pauvres, comme le pense Lichtman.

Quand au deuxième point, rappelons que, selon la formule de Lichtman, la protection de la propriété intellectuelle vise à créer un climat favorable à la création. Or les artistes (du moins les musiciens, qui sont les plus touchés) sont précisément pour le téléchargement parce que ça leur donne davantage accès à du matériel inspirant, en plus bien sûr de se donner un large auditoire. Pour quelqu’un qui aime passionnément la musique, tout ce qui peut aider sa propagation est une bonne chose.

Comme le dit Pheek:

C’est pourquoi il faut revenir à ce qu’était notre but premier en faisant de la musique: avons-nous commencé à créer pour plaire, pour faire de l’argent, pour nous faire connaître ou parce que nous aimons faire de la musique?

[…]

Créer ne devrait pas être une histoire de couilles, mais bien d’avancement de l’art et d’embellissement, chacun à sa façon, de son entourage immédiat et lointain, sans vivre dans la peur de perdre ce qu’on a. Pensez-y, la musique qui se multiplie pour rejoindre un grand nombre de gens relève pratiquement du miracle et n’est, en fait, qu’une culture qui s’étale selon les goûts du moment. Ce n’est pas une perte, c’est la multiplication totale. Un rêve de réunir une foule, en un court laps de temps.

Le principe le plus élémentaire de l’art et de la connaissance, c’est qu’ils doivent être diffusés. Le copyright sur les médias physiques aidait à leur distribution, mais il joue le rôle inverse sur le net. C’est pourquoi, à terme, il devrait mourir.

septembre 12, 2007

Les amis au Pakistan

Filed under: Arts — mokawi @ 9:28

Je reconduisais Gustavo chez lui, un soir, quand la radio « frais chié » de CBC nous a soudainement donné une petite chanson en français sur le hamster. Ça évoquait passe-partout, mais avec une trame de musique absolument géniale, faite exprès pour les amateurs de mélodie à tons successifs comme moi. Niveau instrument, c’était vaguement « dessins animés années 80″/ »jeux vidéos japonais début années 90 ». On s’est arrêté pour voir ce que c’était que ce bijoux-là, et il s’est avéré que ce sont les amis au Pakistan.
Et là je peux pu arrêter la musique de me trotter dans la cervelle.
Bandeapart.fm les a interviewé dans cette émission. Le truc bien, c’est qu’il y a 4 de leurs meilleures tounes sur l’émission; le truc poche, c’est qu’en plus du blabla avec la voix insupportable du journaliste qui veut faire cool, il y a de la musique d’autres groupes qui sont nettement inférieurs. Pour faire le tri, c’est facile: s’il y a des paroles bizarre (« Je suis un scott towel et je fais de la rétention d’eau »), alors c’est des amis, sinon, c’est pas des amis.

juillet 28, 2007

Les paradis du copyright

Filed under: Arts, Politique — mokawi @ 6:28

Hier soir, étant tombé sous le charme affolant de la voix de CéU et son joli minet brésilien, j'ai décidé qu'il me fallait son cd sur-le-champs. Rien de plus facile, de nos jours. Je vais donc sur le site de CéU, mais bien qu'elle me fasse le plaisir de me présenter d'autres images de sa beauté incomparable, elle ne me donne qu'un lien vers un vendeur de cd physique au Royaume-Uni.

Google est plus malin. Il m'envoie sur un site (musicmp3.ru) qui m'offre le cd en question, en mp3 et pour la très modique somme de 1.51$. Néanmoins, le .ru sur le site ne me dit rien qui vaille: les russes ont une grande réputation dans la piraterie informatique. Je vais au site suivant: mp3sparks.com. Le prix du cd: 2.23$. Sentant l'arnaque, je vais dans la section "legal info", où j'apprend que MP3Sparks est aussi russe que le site précédent, qu'il considère que la loi russe lui permet de faire son commerce, et qu'il en va de même de la loi américaine. Il ajoute par ailleurs qu'il paie 15% de son profit aux "Russian Licensing Societies", et qu'il planifie un jour de verser un 5% additionnel aux artistes.

Il va de soi que les gros bras de l'industrie musicale ne peuvent être satisfaits de ce genre d'accord. Leurs pression ont déjà fait tomber Allofmp3.com. Mais même s'ils font plier toute la Russie, il y a fort à parier que les escrocs trouveront d'autres endroits d'où ils pourront vendre leurs musique.

En fait, je me demande si on ne trouvera pas un jour des petites îles dans l'Océan Pacifique se transformer en "paradis sans propriété intellectuelle" à l'image des paradis fiscaux. On y retrouvera toutes sortes de bandits y vendant images, films, livres, musique… tout ce qui se numérise. À moins évidemment qu'une âme charitable décide de tout donner gratuitement. Ce qui évidemment rend la libération des œuvres assez peu rentable. Mais encore là, il y a certainement des lois pour empêcher une charité si peu souhaitable.

mars 28, 2007

Le chalet du lac aux Castors

Filed under: Arts, Personnel, Uncategorized — mokawi @ 5:05

Mon oncle Claude et ma tante Mariette ne sont plus des nôtres depuis bientôt un an, mais la rénovation du chalet du lac des Castors, sur le mont Royal (Montréal), à laquelle ils ont contribué, est en nomination pour un prix d’excellence d’architecture. La contribution de Claude et Mariette, ce sont des plaques de métal colorées mises en évidences sur les murs extérieurs du chalet. Voyez:

Le chalet maintenant.

Ils viennent remplacer des céramiques que Claude avait installé il y de ça bien longtemps. J’ai trouvé une photo des vieilles céramiques:

Le chalet avant.

Claude était presque aveugle au moment de ce chant du cygne. Ça ne l’a pas empêché d’être audacieux: les couleurs ont été fixées au métal grâce à une technique assez inusité, à ce que j’ai entendu, voire même inédite. le résultat, comme vous voyez, est assez saisissant. Les couleurs donnent toute sa chaleur au bâtiment.

Il est possible de voter pour le projet: cliquez ici pour voir les autres projets en nomination ou cliquez ici pour voter directement pour le chalet du Lac des Castors. 

août 15, 2006

Le meurtre du mandarin revisité par un amateur de Sherlock Holmes

Filed under: Arts, Éthique, Cultures — mokawi @ 4:35

Vous connaissez, le meurtre du mandarin? Imaginez que vous avez le pouvoir de tuer un vieux mandarin sénile, hypocrite et détesté de ses proches et des autres pour toutes sortes d’excellentes raisons, et qui n’a pas pour autant de vertu qui le rende appréciable. Ce pouvoir, vous l’avez par une sorte de télékinésie, car une seule pensée vous permettra de le tuer, et quelqu’un vient à en être au courant, de sorte qu’il vous offre une fortune colossale pour exécuter ce vieux détritus. Personne d’autre ne pourra jamais savoir que vous êtes criminel, puisque le vieillard mourra d’une crise cardiaque, et qu’une telle mort n’est pas suspecte à l’âge qu’il a. Ferez-vous ce meurtre? Considérerez-vous que c’est un acte moralement bon, ou moralement correct, si vous pouvez utiliser votre fortune au profit du bien commun, voire pour sauver des vies?
Ce que Ooba Tsugumi et Takeshi Obata nous offrent dans Death Note, c’est une variante de ce fameux jeu philosophique. Un jeune homme de 17 ans, Yagami Raito, se retrouve en possession d’un livre sur lequel il lui suffit écrire le nom de ceux qu’il pourrait vouloir tuer pour que ceux-ci trépassent d’une crise cardiaque. Il décide donc de jouer les sauveurs de l’humanité, et réussi à faire régner sur terre la peur d’une représaille divine pour tous les criminels. Mais voilà, la police s’aperçoit que l’auteur de ces meurtres surnaturels ne peut être une divinité; et le meilleur détective du monde, surnommé « L », s’associe à la police japonaise pour élucider l’affaire. Si L est d’une intelligence déductive prodigieuse, Raito n’est pas en reste, et démontre très rapidement qu’il peut faire face et damer le pion à son adversaire. En résulte un duel titanesque dans le plus pur esprit « Sherlock Holmes » devant des personnages secondaires aussi médusés et admiratifs que le docteur Watson.
Ajoutez à cela le dépaysement moral que nous offre l’orient, des dessins superbes et un scénario intense, et vous avez un des meilleurs mangas qui me soit jamais tombé sous la main.

juin 3, 2006

Le retour de D.Gray-man

Filed under: Arts, Cultures — mokawi @ 7:31

Ô joie: Hoshino Katsura, la dessinatrice de D.Gray-man, ma série manga favorite, a enfin sorti un chapitre après une longue pause, dûe à son hospitalisation. Je vais enfin pouvoir recommencer à exercer un de mes passe-temps: disséquer ses manga et en faire une interprétation philosophique, que je publie dans les forums.
Il faut dire que la finesse du scénario de Katsura est particulière, même si ce n’est pas tant sur l’aspect du récit que du soin qui est mis à l’aspect émotionnel et existentiel. On voit vraiment les personnages dans un grand détail, qui les fait vraiment passer d’une réalité psychologique à un rôle narratif typique dans le tableau culturel japonais et asiatique sans sauter d’étape. L’incarnation des personnages dans les rôles typiques est donc particulièrement frappante: l’auteur n’a généralement pas besoin, comme dans la plupart des mangas, de dire explicitement que tel personnage incarne tel rôle typique, le destin des personnages s’impose plutôt de lui-même. Mais plutôt que d’être cristalisés dans ce rôle, les personnages se le réinventent à chaque fois. Le destin est tracé, et il se réaffirme à chaque nouvel épisode, mais l’auteure joue à faire se réaliser le destin dans une forme que l’on attendrait pas.
Visitez Hebraska.net pour en lire des bribes. Vous ne serez pas déçus.

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