Mokapop

décembre 2, 2008

Ce qu’on entend et ce qu’on n’entend pas lorsque les politicomètres virent fou

Filed under: Uncategorized — mokawi @ 4:27

Ce qu’on entend (la situation) 
 
Depuis 2 ans, les conservateurs ont gardé le monde politique canadien sur le qui-vive à coup de retournements spectaculaires, qui ont surtout laissé les législateurs de la chambre basse très amers. Devant un parlement tendu et toujours aussi divisé, les conservateurs ont annoncé leurs intentions de faire de nombreuses coupures, notamment dans le financements aux partis. 
 
Évidemment, le but de cet exercice était principalement de paralyser ses adversaires: les libéraux, qui sont dans la dette jusqu’au cou et le bloc, qui est financé au trois quarts par cette mesure. Avec ça, le gouvernement était assuré de pouvoir gouverner en majoritaire pendant au moins 2 ans. À moins, bien sûr, que l’opposition ne les renverse. 
 
En fait l’opposition a beau être divisée (trois partis) et affaiblie (le chef de l’opposition, Stéphane Dion, ne sera plus à la tête de son parti en avril prochain), elle a trouvé moyen de coopérer face à une situation qui devenait de plus en plus intenable. De plus, la gauche est beaucoup plus unie depuis que l’environnement s’est imposé comme étant le combat de l’heure, et que la question constitutionnelle est tombé dans le domaine du folklore (c’est le loup-garou de la colline). Soudainement, la balance des gains et des peines favorise la coopération, et même la coalition. Hier, les partis d’opposition ont donc formulé la volonté de former un gouvernement de coalition. 
 
Un peu désespéré, le premier ministre a donné aux média un enregistrement d’une téléconférence de Jack Layton où il dit que les bases de cette coalition avaient été jeté il y a longtemps. Évidemment, la chose est hautement illégale—criminelle, même, donc la GRC aura à enquêter. Le premier ministre a aussi annulé en catastrophe les compressions aux budgets des partis fédéraux, ainsi que d’autres mesures controversées comme le gel des salaires de la fonction publique, mais en vain: il y a longtemps que la confiance de la chambre envers le gouvernement s’atténuait, et ce dernier coup l’a rompu. 
 
Ce qu’on n’entend pas 
 
Il y a deux choses qu’on n’entend que trop peu à propos de ce renversement de situation: 
 
– Premièrement, le premier ministre aurait dû le voir venir. Le jeu en valait beaucoup trop la chandelle, pour tous les partis impliqués. Mais surtout, il y avait des signes beaucoup plus probants que les paroles vagues de Jack Layton dans l’enregistrement douteux que le premier ministre a donné aux média. Pendant la campagne électorale, ce dernier avait annoncé son intention de faire une coalition, et à la place du non ferme et sans équivoque qu’on attendait, Dion avait donné un « non, vraiment pas, mais on verra ». 
 
– On n’entend pas les partis d’opposition tonner très fort contre le gouvernement. Personne ne les blâmerait de profiter de la trahison du gouvernement à leur égard et de l’enregistrement illégal pour descendre les conservateurs et se faire du capital politique. Ce serait de bonne guerre. Mais à part Thomas Mulcair, je n’ai entendu personne se plaindre bien fort: ce sont plutôt des « nous sommes prêt à relever le défi » un peu bafouillés, comme un jeune qui passe sa première entrevue pour un travail de pompiste. C’est très fâchant, parce que je voudrais bien, en tant que citoyen, que le gouvernement actuel paie pour son invasion de la vie privée. Heureusement, avec une enquête qui s’en vient, il est possible que la chose revienne sur la table. 
 
– Certains analystes remarque que le gouvernement conservateur s’est démarqué par son manque de confiance autant envers la chambre qu’envers la fonction publique. Pour quiconque vit à Ottawa, c’est assez clair. Les fonctionnaires se plaignent de leurs efforts qui partent en fumée, de la bureaucratie excessive à laquelle ils sont soumis, et on peut voir des fonctions publiques parallèles et temporaires se créer. En chambre, on sent que les députés ne peuvent faire passer leurs projets législatifs. Or, c’est la raison d’être d’un député de mener un projet à bien. Il y a quelque chose d’émotif dans cette crise: ce sont des gens qui veulent faire leur boulot qui en sont empêché. 

Un commentaire »

  1. Bons points. J’ai hâte de voir ce qui va se passer la semaine prochaine🙂

    Commentaire par Houssein — décembre 2, 2008 @ 5:28


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