Mokapop

mai 24, 2008

Le test psychométrique – comment je me suis préparé

Filed under: Uncategorized — mokawi @ 5:29

Il y a quelques semaines, je vous parlait de ma méfiance pour le test psychométrique. Je crois que c’est une méfiance partagée parce que le traffic sur le site a explosé. Je ne sais pas en revanche si mes visiteurs ont eu ce qu’ils voulaient: je soupçonne que, comme moi avant le test, ils voulaient se préparer.

La compagnie chargée des tests psychométriques (eh oui, l’Université Laval pas fait appel à ses propres psychologues) nous ont fait signer un papier comme quoi nous acceptions de ne pas parler du test. En revanche, je peux vous dire comment je me suis préparé et quelles démarches m’ont souri. Après tout, le test m’a valu au moins une bonne surprise, malgré un dossier du reste assez piteux, donc je suis peut-être à même de vous aider.

Première règle: connaissez le champ de bataille.

J’ai d’abord voulu savoir quel genre de test j’allais subir. J’ai donc ouvert mon fureteur et j’ai demandé à Google de me donner des pages où le sujet est abordé. Je n’en ai trouvé qu’une, qui nous donnait le format et la durée, ainsi que quelques indications en vue de la préparation. La source nous conseillait de lire sur le leadership participatif et sur le leadership directif. J’ai donc attaqué les bibliothèques avec deux objectifs: voir si je pourrais, à partir des données de ma source, avoir plus d’information sur le test, et me renseigner sur le leadership.

Dans les deux cas, j’ai ratissé large, mais je n’ai pas trouvé grand chose de précis. J’ai appris la différence, globalement, entre le leadership directif (style monarchique) et le leadership partagé (où tous les membres de l’équipe participent). J’ai aussi appris le fonctionnement global des tests. Généralement, il s’agit d’associer les questions à des traits de caractères (sociable, empathique, colérique, perfectionniste, etc.).

Deuxième règle: pensez comme votre examinateur

J’en ai donc déduit qu’il fallait que j’adopte une manière de penser particulière. Normalement, quand j’ai à prendre une décision, je me base sur l’ensemble des circonstances, je les soupèse rapidement et je tranche. Par exemple, s’il y a un conflit entre un collègue et notre patron, ma réaction va dépendre des circonstances. Si mon collègue est animé par la jalousie, je vais plutôt parler avec lui, afin de diriger ses amibitions là où elles sont productives. Mais si c’est un sentiment d’humiliation, le travail de conciliation sera davantage avec mon patron, afin de l’encourager à corriger son attitude. Donc si on me dit « il y a conflit entre votre patron et votre collègue, que faites-vous? », je répond « ça dépend ».

Troisième règle: sachez qui vous êtes (ou qui vous devriez être)

Mais c’est exactement le genre de question que posent les tests psychométriques, et « ça dépend » n’est pas dans les choix de réponse. Le test est très loin de l’expérience pratique parce qu’il compte sur un aspect fondamental à la psychologie: la confession. Il y a quelque chose de gratifiant, de cathartique et de valorisant à avoir un discours sur soi-même. Or, le plus souvent, ce discours porte justement sur le genre qualificatifs qu’utilisent les tests psychométrique. Dès lors, on s’attend à ce que l’examiné ait fait un certain travail pour se positionner là-dessus.

Évidemment, tout le monde n’a pas fait ce travail préalable. Pour ma part, toutes mes tentatives de me donner des qualificatifs ont échoué. J’ai donc décidé de me créer un personnage de toute pièce avec les caractéristiques nécessaires. À partir de mes lectures (et des conseils d’un ami qui a fait son bac et sa maîtrise en psycho), j’ai élaboré ce personnage dans tous les aspects qui me semblaient susceptibles d’être controllés.

Je suis donc arrivé au test préparé, et les questions semblaient me dire d’elles-même le fonctionnement du test et j’ai pu déduire assez facilement les réponses qui me paraissaien les meilleures. Après le test, j’ai pris un carnet, et j’ai pris des notes en vue du prochain test psychométrique. Voilà. Bon test!

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mai 21, 2008

Rapport Bouchard-Taylor et les médias: qui sait?

Filed under: Uncategorized — mokawi @ 11:04

En prenant mes céréales matinales, j’ai cliqué sur un lien de Google News qui m’a envoyé sur cette page. Oui, messieurs dames, Valérie Dufour, du journal de Montréal utilise le vocable « les sages » pour parler de mm. Bouchard et Taylor (voir aussi ici)! Sa couverture est surtout une explication du rapport, et emploie de large citations du rapport. Moi qui disait hier que les journalistes allaient taper à pieds joints sur le rapport Bouchard-Taylor, j’espère qu’ils vont être nombreux à me prouver que j’ai tord.

Évidemment, c’est pas gagné. De son côté, le Devoir a bien entendu publié de nombreux billets très critiques envers ledit rapport dans sa section « Opinion », mais n’a offert aucune autre couverture du sujet que les déclarations de Mario Dumont qui veut rouvrir le débat pour trouver la juste ligne entre l’aplatventrisme et l’ouverture (ayoye! il veut repartir pour une ronde de commission, lui?)

mai 20, 2008

Rapport Bouchard-Taylor: attendez-vous à voir les médias répliquer

Filed under: Uncategorized — mokawi @ 3:59

Même si le rapport Bouchard-Taylor n’a pas été publié, la version préliminaire qui a trouvé le bureau de Jeff Heinrich est désormais disponible sur le site web de son employeur, The Gazette. Avec un examen très chaud dans quelques jours, je n’ai pas encore eu le temps de le lire, mais on peut déjà s’attendre à ce que les journalistes ne soient pas tendres à son égard. En effet, dès les premières pages, on peut lire qu’un chapitre sera consacré à l’écart entre la réalité et la perception:

Ce chapitre confronte la version « stéréotypée » des évènements liés aux accomodements (les perceptions répandues dans la population) avec la version « documentée » par ds chercheurs de la Commission. Il vise à montrer qu’il y a eu crise effectivement, mais pas dans la réalité des pratiques d’accomodement, seulement dans les esprits, dans les perceptions. Le rôle des médias est abordé, mais aussi celui de la rumeur populaire.

Malgré le langage très posé, le journaliste verra sans doute une critique à cette interprétation de crise des accomodements raisonnables. Même si la société est consciente du fait qu’elle ne peut espérer des journalistes qu’ils brossent un portrait exact des situations, les gens se font toujours une idée démesurée de ce qu’ils font eux-mêmes. Les journalistes sont convaincu d’être le mirroir transparent de ce qui se passe devant eux, et même s’ils sont conscient des ratées de leurs collègues et des systèmes médiatiques étrangers, leur fierté dépend de leur conviction de ne pas tomber dans ces écueuils. De sorte que même si Bouchard et Taylor ne croient pas attaquer le système médiatique québecois en mentionnant leur rôle dans la propagation de la crise des accomodements raisonnables, les journalistes vont se sentir ciblés.

Corrélat nécessaire de cette perception, les journalistes vont probablement répondre par une réaction assez habituelle dans cette profession où le silence est nécessaire (parce que comme chacun sait, les mirroirs ne parlent pas): le déni. Le déni est une attitude plus qu’une voix, et il est assez subtil pour passer plus ou moins inaperçu. Ce déni silencieux va passer par une croyance qui va rester sous-jacente dans toute la couverture du rapport: nous, les journalistes, avons adéquatement représenté la situation. Nous avons dit que les gens étaient préoccupés par les changements culturels imposés par l’immigration, donc les gens sont fondamentalement préoccupés par cela. Nous n’avons rien ommis, nous avons documenté ces perceptions par des cas réels.

Dès lors, lorsque Bouchard et Taylor affirment que les craintes ne sont pas fondées, ils attaquent indirectement le travail des journalistes.

Il y aura des exceptions: The Gazette a donné un couverture médiatique plutôt favorable au rapport, ce qui n’est pas très surprenant puisque les anglophones sont eux-même une minorité culturelle. Radio-Canada, quant à lui, suivra probablement sa ligne éditoriale assez socialiste, et qu’il a déjà affirmé en donnant la parole à Daniel Weinstock, un des intellectuels qui contribué à la commission Bouchard-Taylor. Mais globalement, les journalistes seront pris dans un conflit invisible, et le rapport aura mauvaise presse.

mai 18, 2008

Rome, Athènes, Sparte et les accomodements raisonnables

Filed under: Uncategorized — mokawi @ 3:53

Bouchard et Taylor n’ont pas encore remis leur rapport qu’il essuie déjà le feu nourri de critiques francophones. De ceux qui ont lu le rapport préliminaire, certains en ont tiré l’impression que la majorité franco-québecoise était celle qui allait avoir le gros de l’adaptation à faire pour que la paix sociale et ethnique dont nous jouissons soit conservée.

De toute évidence, la question n’a pas fini de défrayer les manchettes. Et pour cause: elle est appelé à remplacer la question de l’indépendance du Québec. Les immigrants sont appelés à remplacer les anglo-canadiens comme menace culturelle numéro 1.

Vraiment? On pourrait penser que les immigrants sont trop « nous autres » pour être les anglais. Et pourtant, nous sommes tous canadiens. Ou alors que leur identité culturelle est trop fragmentée, ou encore qu’ils sont trop désireux d’apprendre le français et de s’intégrer pour poser une menace. Cependant, les anglos aussi ont une identité culturelle très effacée et sont généralement favorables à l’essort de notre culture, quitte à s’y intégrer. D’un côté comme de l’autre, la menace est théorique et ne soutient que très mal le test de la réalité. Que ce soit par les anglos ou les immigrants, nous sommes loins de perdre notre culture et notre identité.

La chose s’explique simplement par ce constat un peu décourageant: l’immigrant est la nouvelle menace intérieure, cet étrange lieu de l’imaginaire populaire qui semble nécessaire au sentiment national.

Cependant, il y a de bonnes raisons de résister à ce réflexe dans l’histoire de l’humanité. J’écoutais tantôt un podcast d’Isabelle Pafford, qui enseigne l’histoire de l’empire romain à l’université de Berkeley, et elle remarquait que la flexibilité de la citoyenneté romaine avait permis à Rome de dominer le monde sans jamais manquer de gens pour travailler à garder la mainmise sur ses sujets. Elle opposait l’exemple d’Athènes, mais celui de Sparte est sans doute encore plus éloquent.

En effet, Athènes a eu beau faire beaucoup de chichi autour de la citoyenneté des enfants de Périclès, elle a accueilli les Aristote, les Eudoxe et les Hippodamos de ce monde les bras grands ouverts, et s’est empressé de donner à Alexandre le Grand la citoyenneté lorsque celui-ci s’est présenté avec son armée. Sparte, en revanche, a exclu les étrangers de son système d’éducation et de ses rites culturels. Sparte est très vite devenu une sorte de theme park folklorique vivant des légendes sur son passé alors que ses habitants vivaient comme des athéniens, mais Athènes, en partageant volontiers son identité culturelle avec les étrangers et en acceptant qu’ils la façonnent avec eux, est resté le centre de la vie intellectuelle pendant une longue partie de l’ère romaine.

Bref: si le passé est garant de l’avenir, les immigrants ne sont pas tant un danger qu’une nécessité pour la survie de la culture franco-canadienne ou québecoise. C’est avec et par eux qu’on va briller et apporter notre contribution à l’humanité.

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