Mokapop

avril 15, 2006

Réinventer le féminisme: l’homme, la femme et l’amitié

Filed under: Éthique, Philosophie, Politique — mokawi @ 4:24

Je dois vous le dire d’avance: je ne suis pas un spécialiste du féminisme. C’est que la littérature féministe a tendance a provoquer une réaction viscérale: « Mais comment peuvent-ils/elles être aussi peu rigoureux sur un sujet aussi important? ». (Il faut dire que dans mon cas, ça a souvent passé par la littérature environnementaliste, dont les théories sur l’histoire de l’éthique ont beaucoup en commun avec les contes pour enfant: le début de l’histoire, c’est des guerres de clan qui déchirent les hommes et les êtres vivants, puis c’est l’esclavage le plus dur de la nature par l’homme et enfin, le happy end: tout le monde se considère comme entité digne de respect moral, et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps. Là-dedans, la femme est considérée comme victime de la seconde phase.)
Mais bon, il s’agit d’un sujet important, et il faut le régler.
Premièrement, parlons de l’homme (de sexe masculin). J’ai été fort surpris de réaliser que certaines littératures féministes l’associent avec la raison, alors que la femme est associée avec la nature. De fait, ce n’est pas une idée neuve: les grecs avaient quelque chose de semblable; pour eux, une idée ou une action virile était une action sensée et noble. Mais franchement, je ne vais pas la discuter: inutile de la prendre au sérieux. Ce n’est pas parce que certaines femmes sombrent dans une émotivité délirante une fois par lune qu’elles sont incapable de prendre des décisions sensées, évidemment. Au Québec, on dit aussi exactement le contraire des hommes, c’est-à-dire qu’ils seraient dépassés par l’avènement du féminisme, et qu’ils ne sauraient plus où se placer, de sorte que c’est la Mama qui domine la maison, et qu’il prend sa revanche au bureau. Par ailleurs, il paraîtrait que dans la séduction, le jeu soit aussi en faveur des femmes, qui mènent les hommes par le bout du doigt, et les larguent comme elles veulent. La femme aurait pris toute sa place, et l’homme n’en aurait plus pour lui. Évidemment, je suis peut-être encore jeune pour voir dans les créatures une si grande domination, peut-être la développent-elles seulement après 25 ans. Toutefois je me demande si il n’y a pas quelque part dans cette hypothèse un mélange de la frustration d’hommes sans charmes et de la fierté de femmes qui aiment se faire qualifier ainsi. Certes, le ménage est le domaine où la femme est reine, mais l’homme n’y est qu’à moitié. Je ne connais pas grand hommes qui ne se réfugient pas au café ou au bureau pour laisser bobonne à sa vaisselle de toute façon. Et en séduction, admettons-le, à l’homme habile tout souris.
Il y a quelque chose chez l’homme qui est intéressant: son approche de l’amitié. Si un « chum » vous demande de l’aide, il est impératif de l’aider: tout passe après. En revanche, si une femme n’est pas nécessairement prête à vous aider, elle veut bien vous écouter vous confier pendant des heures. Les « chums » vont plutôt vous offrir des solutions. On dit aussi qu’un homme ne parle qu’en bien de ses amis, alors que certaines femmes vont aimer leur planter des couteaux de temps en temps. Je n’ai pas épuisé les lieux communs, mais il reste que si la dimension pragmatique de l’homme ressort nettement. Ce n’est pourtant pas mon hypothèse, que la femme est moins pragmatique que l’homme. Je crois que le salut de l’homme passe par ses amis, alors que celui de la femme passe par elle-même. Cette expression fait de l’ami de l’homme un bastion de sa propre réussite (ou de sa propre survie, dans les cas plus extrêmes): il est donc important qu’il garantisse à celui-là sa propre réussite. Ce n’est pas que l’homme, par ambition, cherche des amis puissants: en fait, souvent, il semble s’en méfier. Il cherche plutôt des amis fidèles, sachant que peu importe où est leur art, ils sauront l’aider si le besoin se fait sentir. C’est le principe du lion et de la souris de Lafontaine qui prime.
Le rapport de l’homme à lui-même suit cette dynamique: a priori, à l’aube de sa vie, l’homme n’est rien de valable, alors que la femme est déjà une mère en puissance. L’homme est une machine au service de quelque chose d’extérieur. Certes, les jeunes femmes font aussi, parfois, de bons martyrs, mais il n’y a vraiment rien comme les jeunes hommes à ce rayon-là. Déjà enclin au service à autrui, l’homme se met au service de ses amis et donne ainsi un sens à son existence.
Le rapport de la femme à elle-même, en revanche, passe par une entreprise d’amélioration et de perfectionnement. La femme tente d’être appréciée pour ce qu’elle est, plutôt que ce qu’elle prodigue, avec pour funeste résultat que certaines femmes se sentent moins obligées d’aider leurs amis et amies, et que cette aide passe parfois par un projet de construction d’un personnage de soi. Peut-être qu’un tel thème cadre bien avec un certain sentiment de vulnérabilité, anticipant le jour où la femme ne sera plus en mesure de faire profiter ses amis, parce qu’elle sera occupé par sa progéniture.
C’est néanmoins une hypothèse qui me semble douteuse: il y a sans doute davantage de culture dans cela que de nécessité biologique. Mais un fait reste: l’isolement des femmes doit être brisé, et pour cela, il faut que leur accomplissement se fasse autrement que par un perfectionnement interne conçu pour créer une héroïne valable en elle-même.

2 commentaires »

  1. tout d’abord salut

    je suis un homme ,je cherche une fille pour des

    relations non seulement pour amitie et

    l’echange des idees.

    merci

    Commentaire par ahmed — janvier 28, 2007 @ 11:51

  2. Merci Ahmed. Grâce à toi, je sens que la femme va véritablement atteindre sa liberté.

    Commentaire par Mokawi — janvier 28, 2007 @ 5:28


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