Il y a quelques temps, j’ai promis que je ferais quelques articles de morale. Je dois
avouer que tout convaincu que j’étais de l’utilité et de la nécessité de faire de la
morale, j’ai quand même été présenté récemment devant une preuve supplémentaire qui vaut
la peine d’être mentionnée.
Je suis animateur scout, comme certains le savent déjà, et je pratique désormais ce
merveilleux hobby avec la 7e meute de St-Raymond, à Hull. La 7e
meute est une meute assez particulière, puisqu’elle a le même animateur responsable
depuis environ 15 an. C’est une meute dont l’organisation est très bien rodée, et qui
fonctionne à merveille, ce qui donne le loisir à notre chef scout d’y faire certaines
expériences pédagogiques. Depuis quelques temps, il a décidé de se pencher, avec les
jeunes, sur un proverbe par semaine. Le succès immédiat est appréciable: tous
s’empressent de lever leur main pour donner une explication. Mais ce qui est intéressant,
c’est de voir qu’ils utilisent les sagesses apprises en groupe avec leurs parents: en
effet, ils sont nombreux à affirmer avoir été repris par leur enfant.
Est-ce que cette sagesse du verbe va passer aussi dans les actes? Les enfants
réalisent le pouvoir de la sagesse lorsqu’ils s’aperçoivent qu’ils peuvent changer le
comportement de leurs parents avec elle. Mais ils ne peuvent manquer de réaliser que ce
pouvoir n’est présent qu’à la seule condition qu’ils suivent aussi cette sagesse.
Je ne ferai néanmoins pas ici comme mon maître. Pourquoi? Les proverbes peuvent s’interpréter de plusieurs façons. Par exemple, « Le mieux est l’ennemi du bien ». Ici, on peut voir la sagesse anti-utopiste qui propose d’améliorer humblement le quotidien plutôt que de tout réformer de fond en comble, parce que les implications d’une grande réforme sont toujours largement insoupçonnés. Mais on peut penser, au contraire, que les petites améliorations sont ennemies du bien véritable, puisqu’elles minent la vision originale du système. Il y a une sagesse dans ces deux interprétations, mais elles semblent en contradiction lorsqu’on les tire du même proverbe.
La réponse à ce problème en particulier, ce serait de prendre ces deux sagesses et de les balancer pour en arriver à un juste milieu: améliorer avec vision, et réformer lorsque les implications sont largement connues, ou lorsque le pari en vaut la peine. Pour bien représenter le problème, il faudra donc que je montre, sur un sujet, non seulement la sagesse elle-même, mais aussi les autres sagesses qui s’y opposent parfois, ou qui lui donnent des nuances.